La procédure d’affectation des bacheliers dans l’enseignement supérieur, à travers la plateforme Parcoursup, s’est achevée le 21 Septembre. Depuis plusieurs semaines, le gouvernement tente par des artifices de communication de masquer l’éviction de dizaines de milliers de jeunes des formations supérieures publiques, affirmant que seul un millier de bacheliers resteraient fin septembre sans proposition d’affectation.

Dans les faits, ce chiffre est bien loin de la réalité. La ministre de l’enseignement supérieur « oublie » de comptabiliser les étudiants en réorientation qui sont dans la même situation (à l’issue de la phase principale de Parcoursup le 5 Septembre, ils étaient encore 4000). Elle ne mentionne pas non plus les 80 000 lycéens ou étudiants en réorientation qui ont accepté une proposition d’affectation, faute d’en obtenir une plus conforme à leurs vœux. Ensuite, elle passe sous silence les 40 000 « inactifs » (candidats placés sur liste d’attente et qui espéraient qu’une place se libère plutôt que de saisir la Commission Académique d’Accès à l’Enseignement Supérieur (CAAES)). Enfin, elle ne tient pas compte des 180 000 candidats à une formation du supérieur qui n’ont obtenu aucune proposition d’affectation et qui sont sortis de la plateforme sans avoir saisi la CAAES.

Au total, Parcoursup n’a pas répondu aux attentes de plus de 300 000 lycéens ou étudiants, soit 37 % des 812 000 inscrits sur la plateforme. Ce résultat était prévisible puisque le gouvernement a refusé de créer dans l’enseignement supérieur des places (et donc des postes d’enseignants) à la hauteur du boom démographique des années 2000. En créant cet engorgement, le gouvernement souhaite dissuader certains bacheliers de poursuivre des études supérieures. Il poursuit également la marchandisation de l’enseignement supérieur en renforçant la place des formations supérieures privées qui profitent à plein de l’exaspération des milliers de bacheliers placés « en attente » sur Parcoursup.

Les principales victimes de la nouvelle plateforme sont les bacheliers technologiques ou professionnels, c’est-à-dire les élèves issus des milieux les plus défavorisés. La plupart de ceux qui ont saisi la CAAES ont été placés dans des « classes passerelles » ; certains pourraient préparer un Diplôme Universitaire, qui n’aura aucune équivalence avec les autres formations du supérieur. Cela revient à placer ces élèves « en attente » pendant une année au bout de laquelle ils pourront participer (s’ils n’ont pas abandonné avant) à la session 2019 de Parcoursup.

Pour toutes ces raisons, le SNES-FSU demande l’abrogation de la loi Orientation et Réussite des Etudiants, la suppression de la plateforme Parcoursup et la création dans l’enseignement supérieur de places à la hauteur des besoins.