La rentrée 2004 dans le second degré se présente très mal, ce à quoi on pouvait s’attendre depuis le vote d’un budget nullement à la hauteurs des enjeux éducatifs de notre pays. La perte annoncée de 255 postes dans l’académie (soit plus d’un par établissement en moyennes, ou bien encore l’équivalent de la fermeture de deux lycées, ou de cinq collèges) ne va à l’évidence pas permettre d’améliorer l’encadrement pédagogique. S’abriter derrière une baisse démographique pour justifier cette mesure brutale cache mal le manque d’ambition de notre Ministre pour notre jeunesse : c’est d’une toute autre politique éducative que notre académie aurait besoin, elle qui cumule tant d’indicateurs économiques, sociaux et scolaires préoccupants.

En collège, va-t-on donc rechercher aveuglément des économies, en mettant par exemple à mort un enseignement de l’allemand déjà moribond faute d’une politique volontariste de défense de la pluralité des enseignements ? Le Ministre serait bien en peine de citer la moindre initiative de soutien de l’enseignement de l’allemand, alors même qu’au plus haut niveau on glorifie les vertus du couple franco-allemand. Le gouvernement n’est pas à une contradiction près.

Va-t-on, toujours obnubilé par les économies, sonner le glas des ZEP ? Ce serait fort surprenant, au moment-même où certains ministres vantent la discrimination positive ! Certes les ZEP n’ont pas toujours permis d’obtenir de francs succès, mais ce dispositif a tout de même permis de lutter considérablement contre l’échec scolaire. Nous continuons à demander une véritable évaluation objective du dispositif ZEP.

Dans le contexte actuel, l’annonce d’une nouvelle baisse du nombre de postes au concours pour l’année prochaine apparaît comme une véritable provocation. Chacun connaît le nombre prévu de départs à la retraite ces prochaines années, et parallèlement le Ministre lui-même s’est déjà déclaré préoccupé par l’attractivité du métier. Comment alors les étudiants pourraient-ils être encouragés dans la voie de l’enseignement avec une baisse du nombre de postes au concours ?

Par ailleurs, tout porte à croire que la politique de disparition forcée des TZR va se poursuivre. La dégradation du système de remplacement, déjà amorcée, risque de s’amplifier, au mépris total des élèves et des familles. Nous n’admettons pas le projet de recours systématique à la précarité pour le remplacement, au nom de dogmes purement gestionnaires.

Nous déplorons que le Rectorat, quatre mois après la rentrée, ne soit toujours pas en mesure de communiquer aux personnels l’état de la situation des MISE, aides-éducateurs, assistants d’éducation dans l’académie. De plus, comme les personnels en grève au printemps le redoutaient lorsqu’ils en dénonçaient le statut, des assistants d’éducation ont déjà été victimes de la part de chefs d’établissements.

Les enseignants, comme tous leurs collègues de la fonction publique, continuent de faire les frais d’une politique libérale qui ne vise qu’à affaiblir les services publics. Nous condamnons avec force la décision d’une ridicule augmentation de 0,5% des salaires de la fonction publique, loin de l’inflation et bien loin des nombreux cadeaux fiscaux faits à certains privilégiés.

Bien que le Ministre ait annoncé son grand débat avec un relais médiatique complaisant, les faits sont là : les personnels de l’Education Nationale et les parents d’élèves n’ont pas été dupes, et ont soit décidé de ne pas se rendre à ces parodies de démocratie, soit ont échangé des points de vue souvent convergents et bien éloignés de ceux de notre Ministre.

Le pseudo-débat et le projet de loi sur la laïcité sont bien éloignés de notre conception de la laïcité. En particulier, nous dénonçons avec force la persistance du statut particulier d’Alsace-Moselle et les atteintes croissantes à la laïcité que constituent les intrusions de la publicité et de la marchandisation dans les établissements scolaires.
Nous aimerions vivement connaître, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, l’état de l’expérimentation de classes non mixtes dans notre académie annoncée l’an dernier.