18 janvier 2019

COLLÈGES/LYCÉES

Spécialité Numérique et Sciences informatiques : le rectorat navigue à vue !

La mise en place de la spécialité Numérique et Sciences informatiques en Lycée Général et Technologique renseigne sur le niveau d’impréparation de la réforme du Lycée.

Le rectorat a autorisé l’ouverture de la spécialité NSI dans 20 lycées de l’académie de Rouen, sur proposition des chefs d’établissement, séduits peut-être par la nouveauté et la « modernité » numérique et informatique.
Mais il n’y a aucune certitude que ces spécialités soient effectivement ouvertes car le Ministère de l’Education Nationale n’a pas anticipé ces créations : au vu du programme, d’un niveau en informatique poussé, aucun collègue n’est en capacité de l’enseigner. La mise en place de ces spécialités nécessite l’implication d’au moins deux collègues des établissements concernés dans une formation qui se fera pendant deux ans, sur le temps des vacances scolaires de Printemps, et en juin pouvant aboutir à l’obtention d’un Diplôme InterUniversitaire.
Le rectorat demande actuellement aux chefs d’établissement de recruter des collègues volontaires pour se former dans de telles conditions, ceux enseignant la spécialité ISN (et donc possédant cette certification) en Terminale depuis plusieurs années (dont le programme est très différent de l’hypothétique programme de NSI).

Avec quelle pespective ? Le Ministère de l’Education Nationale vient d’annoncer la création d’un CAPES d’Informatique dont les lauréats pourraient bien faire concurrence, dans deux ans, aux collègues détenteurs du DU d’Informatique…
Dans les faits, aucune ressource humaine n’est donc disponible pour l’ouverture des spécialités NSI en septembre 2019 pourtant proposées dans l’offre de formation de ces 20 lycées.
A l’heure des premières réflexions sur leur orientation, de leurs premiers choix de quatre vœux de spécialités, les élèves de Seconde et leurs familles seront-ils informés officiellement d’un tel dysfonctionnement ?
Tout est scandaleux dans cette démarche et le SNES-FSU conseille aux collègues de ne pas s’engager dans une telle aventure.