4 octobre 2012

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Stage « emploi, formation professionnelle, orientation, à l’épreuve de la décentralisation : quels enjeux, quelles ripostes ? » - 19 novembre 2012

La section académique du SNES-FSU organise un stage le lundi 19 Novembre de 9H à 16H30 au local du SNES à Rouen (14 bd des Belges).

Ce stage est ouvert à tous, syndiqués et non-syndiqués, DCIO/Copsy ou enseignants...

Les objectifs de ce stage sont :

- échanger sur nos métiers, nos pratiques de la formation et de l’orientation ;
- favoriser une appropriation militante de ces questions ;
- élaborer une analyse syndicale et coordonner des actions.

Le programme de la journée est le suivant :

Matin

Table ronde sur le thème « orientation et décentralisation, quels enjeux pour la formation initiale ? ».

Les procédures de labellisation SPO se mettent en place. Quel en sera l’impact sur nos métiers ? Les prochaines mesures de décentralisation prévoient d’en remettre le pilotage à la Région. Quelle place, quel rôle réserve-t-on aux CIO et leurs personnels ?

Intervenants

- Eric Puren, membre du CESER et du CCREFP pour la FSU ;
- Marie-Agnès Monnier, secrétaire nationale du SNES-FSU catégorie orientation ;
- Claude Cherblanc, FSU-SNUTEFI pour les personnels de Pôle-Emploi, ML en Haute-Normandie ;
- un collègue intervenant à l’université sur les questions d’insertion des étudiants ;
- Sébastien Jumel, Vice président du CG 76.

Après-midi

Introduction : témoignage d’un(e) collègue du Nord qui présentera les conséquences des regroupements-fusions de CIO en cours dans le département, et ce, en parallèle de la procédure de labellisation en lien avec la mise en place du SPO dans l’académie de Lille.

Groupe de travail sur les perspectives d’actions. Quelles alternatives ? Quelles propositions ? Comment se faire entendre ?...

Pour vous inscrire, adressez le courrier de demande d’autorisation d’absence (cf. modèle ci-dessous) au Rectorat par voie hiérarchique un mois à l’avance, c’est-à-dire avant le 19 octobre 2012.

modèle demande d’autorisation d’absence stage SNES

Tous concernés !

Le rapport pour la refondation de l’Ecole vient d’être remis au Ministre. Plusieurs préconisations concernent l’orientation et la formation professionnelle initiale. François Hollande déclarait le 5 octobre dernier aux assises du Sénat sur la décentralisation : "la loi devra clairement confier aux régions l’ensemble des attributions qui sont encore celles de l’Etat en matière de formation professionnelle, d’orientation, de mise en cohérence des politiques de l’emploi au niveau territorial ». Cette volonté du gouvernement de décentraliser l’orientation et de la confier intégralement aux Régions signifierait qu’il n’y aurait plus de service public d’orientation dépendant de l’Etat . Quid du maintien d’un service d’orientation de l’Education Nationale ?

C’est une transformation en profondeur des missions des conseillers d’orientation psychologues et directeurs de CIO dont l’intervention après des publics de la formation initiale est remise en question. Mais les personnels d’orientation ne sont pas les seuls concernés. Les enseignants des voies professionnelles et technologiques de la formation initiale pourraient voir leurs spécialités remises en question en fonction des orientations décidées dans le cadre de la politique régionale. Les préconisations du rapport auront une incidence directe sur le travail des enseignants qui verraient encore s’alourdir leurs tâches en matière d’orientation.

Dans ces conditions, il est urgent de réfléchir ensemble aux évolutions qui s’annoncent dans le cadre du SPO, voulu par le précédent gouvernement et maintenu en l’état par l’actuel, évolutions qui dans la même logique vont toucher la formation professionnelle initiale. Il est encore temps de réagir. Le stage du Lundi 19 Novembre sera l’occasion de réfléchir ensemble, personnels enseignants et personnels d’orientation, sur une vision éducative de l’orientation et de l’école centrée sur les jeunes, et non sur une logique de gestion des flux en lien avec les besoins du marché.

Orientation, de quoi, de qui parle-t-on ?

En annonçant le prochain train de mesures de décentralisation, le gouvernement Ayrault envisage de transférer aux régions le pilotage de la carte des formations, la formation professionnelle et la "coordination", l’animation" du service public de l’orientation. (ACCORD conclu le 12 septembre dernier. Ce qui reviendrait, ni plus ni moins, à appliquer la politique de l’ancien gouvernement. Or l’ARF affiche des objectifs sans ambiguité : « Mettre en place un service public régional d’orientation et y associer les CIO et les structures implantées dans les établissements d’enseignement supérieur, Regrouper dans des espaces métiers articulés avec les branches professionnelles, les professionnels de l’orientation afin de mettre en cohérence les actions des différents acteurs et réseaux locaux, labelliser les « guichets uniques », après consultation des CCREFP1 ». Une variante de ce scénario évoque la possibilité du volontariat pour le détachement des conseillers d’orientation-psychologues aux régions !

La décentralisation de l’orientation se mettrait en place en totale contradiction avec les positions que les représentants des Régions qui en 2003 s’opposèrent aux côtés des personnels à la décentralisation annoncée par le gouvernement Raffarin. Les raisons qui ont conduit la profession et le SNES-FSU qui la représente majoritairement à contester les dispositions de la loi de Novembre 2009 et en particulier la mise en place du SPOTLV, n’ont pas changé le 6 mai.

Elles reposent sur une conception forte de l’orientation en formation initiale qui ne doit pas s’apparenter à une gestion de flux, pilotée uniquement par des besoins économiques locaux dont la prévision est toujours incertaine. Entre les élèves, salariés d’entreprise et demandeurs d’emploi, les temporalités, les problématiques, les conditions de préparation des choix d’orientation sont extrêmement différentes. Les élèves doivent avoir les mêmes droits et les mêmes possibilités d’accompagnement et d’offres de formation partout en France. Il n’est pas légitime, d’enfermer les collégiens et les lycéens dans une vision régionale de leur parcours ; surtout quand par ailleurs, on prône la mobilité.

Comment entendre que le gouvernement avant même les conclusions de la concertation « Refondons l’Ecole » puisse annoncer dans le même temps des décisions irréversibles pour l’orientation ? Le SNES-FSU attend que les annonces de dialogue social se concrétisent rapidement sur ce dossier, mettant fin aux politiques basées sur l’ignorance délibérée de l’avis et de l’expertise des personnels.
Même si des assurances ont été données pour que les personnels restent fonctionnaires d’État, que deviendront les CIO s’ils sont confiés aux régions ?

Quels seront les choix de celles-ci ? Créer des lieux uniques regroupant les différents acteurs de l’orientation sans distinction des publics et des spécificités de leurs attentes ? Fermer les CIO et enjoindre les conseillers d’orientation psychologues à assurer des permanences en mairie ou autres guichets uniques. Reproduire les mêmes erreurs que lors de la fusion ANPE ASSEDIC est inacceptable. D’autres alternatives sont possibles pour répondre aux besoins d’accompagnement des salariés, demandeurs d’emploi, bénéficiaires de la formation continue, tout en maintenant et développant le service d’orientation de la formation initiale et en respectant les qualifications des professionnels. Il faut en débattre !